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La naissance du Rock'n'Roll aux USA (fin des années 50)

Le rock’n’roll est un enfant du blues, le rythme ternaire (division du temps) de celui-ci étant remplacé par un rythme binaire et le tempo devenant plus soutenu. Il convient ici de distinguer rythm n'blues et rock’n’roll, même si la tâche apparaît délicate de la fin des années 1940 à 1954. L’étiquette rock n’roll a, dans un premier temps, été utilisée pour distinguer le rythm n' blues des noirs de celui des blancs et ce pour des raisons liées à la politique raciale de l’époque. Il était inadmissible que des artistes blancs se retrouvent dans les mêmes bacs chez les disquaires que les noirs. Le style particulier du rythm n'blues blanc a donc servi de prétexte pour une nouvelle étiquette « rock n roll ».

Il est difficile de dire quand est né exactement le rock’n’roll. S'il y avait une date à retenir ça serait certainement 1953. C’est Bill Haley and His Comets qui signent officiellement l’acte de naissance du rock’n’roll pour de nombreux historiens avec le titre Rock Around the Clock (une reprise de Sonny Dae and His Knights, 1952). La chanson Crazy Man Crazy représentent également les premiers pas du rock. C’est donc dans les années 50 que le Rock naît et ses racines sont nombreuses et toutes populaires : le rythm n'blues, la country and western, le folk, le blues... Le rock naît dans un contexte où le prolétariat américain a besoin d’une musique plus chaleureuse. Il n’emprunte rien à la culture de la bourgeoisie et devient la manifestation de l’anti-culture.

Le terme rockabilly désigne la première forme historiquement identifiable de rock’n’roll, il s’agit essentiellement d’un croisement de rythm and blues et de musique country. Elvis Presley et Bill Haley sont deux précurseurs chez les chanteurs blancs. Elvis Presley enregistre ce qui est probablement l’un des tous premiers morceaux de rockabilly avec That’s Alright Mama et collectionnera très rapidement les succès. Ce premier tube de l’histoire du « rock » qui figure au générique du film Graine de violence est N°1 des hit-parades aux USA (8 semaines) et au Royaume-Uni (3 semaines) en 1955. Le rock « gentil » et raisonnable du début des années 50 dévie fortement avec celui qu’on appelle encore aujourd’hui le King : Elvis Presley fait du rock’n’roll l’image du mal. Le rock devient synonyme d’Elvis qui rentre dans la légende tout comme Buddy Holly (Peggy Sue), Jerry Lee Lewis (Whole lotta shacking going on), Eddie Cochran (Summertime), et autres Gene Vincent (Be bop a lula) qui s’engouffrent dans la brèche. Les musiciens noirs restent très actifs avec Chuck Berry tout particulièrement. N’oublions pas Little Richard, qui sur son premier 45 tours, signe quatre des plus grands standards de rock, à savoir : Tutti FruttiLong Tall SallyRip It Up et Ready Teddy.

Le rock’n’roll provoque un mouvement de rejet de la bonne société américaine qui croit avoir triomphé de ce mouvement en 1959. On annonce alors la mort du rock (départ d’Elvis au service national et la mort de Buddy Holly en 1959 et d’Eddy Cochran en1960). Il est vrai qu’aux États-Unis, le mouvement semble s’essouffler. Les chanteurs sont désormais très consensuels et Elvis est institutionnalisé, cantonné aux ballades. Vers la fin des années 1950, et le début des années 1960, on entend de plus en plus de titres de rock’n’roll plus « sages », plus « doux » et qui vont engendrer la musique pop : The Everly Brothers, All I Have To Do Is Dream (1958), Johnny Burnette, Dreamin’ et You’re Sixteen (1960). Le rock stagne aux Etats-Unis et son renouveau viendra d’Europe et plus particulièrement d’Angleterre. D’ailleurs en Europe, le terme pop music n’a pas du tout la même signification qu’aux Etats-Unis car il renvoie et remplace celui de rock music.

La renaissance du Rock'n'Roll en Grande-Bretagne (les années 60)

La réplique ne vient pas d’Amérique mais du Royaume-Uni. Les premiers émules d’Elvis apparaissent comme Cliff Richard. Au passage cependant, le rock’n’roll s’acclimate et les Shadows qui accompagnent Cliff Richards initient l’archétype de la formation rock telle qu’elle sera reprise aussi bien en Europe que de l’autre côté de l’Atlantique : la contrebasse disparaît au profit de la basse électrique, deux guitaristes se répartissent les tâches de la rythmique pour le premier et des chorus pour le second. Les groupes britanniques s’éloignent ainsi rapidement de leur modèle américain pour créer une musique originale que les francophones appellent le « rock anglais ».

Le renouveau du rock arrive de Liverpool avec les Beatles : en 1965, leurs chansons occupent 8 des 10 premières places des classements américains. L’apport des Beatles à la musique est considérable avec des chansons comme Nowhere man (1965), Eleanor Rigby (1966), Strawberry Fields Forever (1967), I am the Walrus (1967), Revolution (1968), Let it be ( 1970). Les Beatles accentuent le travail sur la mélodie et les harmonies vocales et donnent naissance à la musique pop.

Les Rolling Stones émergent comme le fer de lance de ce rock britannique. Sur la lancée des Beatles, les Stones se présentent comme leurs rivaux avec des titres comme Carol (1964), Little Red Rooster (1965), Satisfaction (1965), Paint it Black (1966), Let’s spend the night together (1967), Street fighting (1969), Gimme Shelter (1970) ou encore Broun Sugar (1971). Ils reprennent le thème du mal en le poussant à son extrême : dans Sympathy for the devil Mick Jagger chante : je suis le diable.

Des branches parallèles se multiplient alors que des groupes tels que les Who vont même jusqu’à tourner en dérision sa propre musique : ils inventent la guitare pop ; sur scène les guitares sont brisées, les amplis démantelés. Les Kinks développent le mouvement mod, tandis que les Animals ou les Yardbirds créent un blues rock britannique. La richesse de la création britannique est fleurissante et impose définitivement au niveau mondial un genre musical qui devient emblématique de la seconde moitié du XXe siècle. Le rock se ramifie alors presque à l’infini en explorant des niches apparemment improbables. Le jazz-rock, pour ne citer que lui, naît de cette recherche entamée dès les années 1960.

Si les années 1950 proposaient une scène commune pour artistes noirs et blancs, les années 1960 mettent fin à cette mixité. La scène rock britannique est logiquement blanche, tandis que les noirs américains adaptent à leur sauce la redécouverte britannique de l’importance de la mélodie. S’appuyant sur les anciennes structures ségrégationnistes, ils mettent au monde une branche importante de l’arbre généalogique du rock englobant ce qu’il convient de qualifier de « dance music », du funk au rap en passant par la pop des années 1960.

Conséquence de ce cloisonnement, les rockers noirs sont rares dans l’autre grande famille du rock post-Beatles. Citons Jimi Hendrix, guitariste de génie, qui électrifie son blues et ouvre au rock (blanc) d’autres univers. Du côté américain, le public noir réclame sa propre musique ; la Soul Music. A mi-chemin entre le rythm and blues et le rock, certains groupes et chanteurs vont émerger : Aretha Franklin, Otis Redding, les Temptations, les Supremes, les Miracles ou encore Marvin Gaye jouent une musique basé sur des arrangements sophistiqués et une batterie prédominante. En chantant I’m black and I’m proud, James Brown devient l’idole de cette musique noire.

(d'après, et pour en savoir plus : https://educamus.ac-versailles.fr/spip.php?article174)

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